On me demande souvent comment je tracerais mon Itinéraire Islande 1 semaine si je repartais demain. Je souris, je pense aux nuits claires, aux tremblements du sol, aux chevaux qui se découpent dans la brume. J’ai arpenté pas mal de terres, mais l’île du Nord reste une compagne à part. Dans ces lignes, je te confie un plan simple, franc, pensé pour le plaisir des yeux et la tranquillité du voyage: étapes solides, campements fiables, et un budget réaliste pour ne pas te faire surprendre.
Itinéraire 7 jours éprouvé: la boucle qui respecte le temps
En une semaine, mieux vaut viser la côte sud plutôt que de courir après la boucle complète par la Route 1. On voit large, on respire, on revient plus riche qu’on est parti. Une trame qui tient la route: Reykjavik et la péninsule de Reykjanes, chapelet de cascades jusqu’à Vík, glaciers de Skaftafell, lagons de glace vers Höfn, retour par les canyons et le Cercle d’Or.
- Jour 1: arrivée, Reykjavik, route vers Skógar
- Jour 2: Skógar – Dyrhólaey – Vík
- Jour 3: Skaftafell et ses sentiers
- Jour 4: Jökulsárlón – Diamond Beach – Stokksnes
- Jour 5: Múlagljúfur – champs de lave – retour vers Flúðir
- Jour 6: Cercle d’Or et Silfra ou sources chaudes
- Jour 7: Reykjavik, musée, marché et vol
Météo, lumière, saisons: ce que m’ont appris les vents
L’été te donne des jours interminables et des pistes dégagées. Le printemps et le début d’automne offrent des tarifs plus doux, encore assez de lumière, souvent moins d’affluence. L’hiver, c’est le royaume des tempêtes, routes parfois coupées, mais une chance de voir les aurores boréales danser au-dessus des champs de lave. Quel que soit ton choix, prévois des couches, une veste étanche, et l’humilité nécessaire face aux caprices du ciel.
Rouler et dormir: van, voiture, campings et bons réflexes
Un van aménagé donne de la liberté pour s’arrêter quand la lumière se met à chanter. Voiture + tente marche bien hors hiver si tu acceptes le vent et la rosée matinale. Hôtel + voiture, confort assuré, prix en hausse. Le bivouac sauvage est très encadré: respecte la loi, choisis les aires officielles. Pour un panorama complet des règles, lis ce guide du camping en Islande. Garde en tête: le camping en Islande se réserve parfois en haute saison, mais on trouve souvent une place si l’on arrive avant 19h.
Jour par jour: étapes, alternatives et campements
Jour 1 – Reykjavik, souffle nordique, route vers Skógar
Arrivée, récupération du véhicule, balade au centre: Hallgrímskirkja, port, street art, soupe chaude pour se mettre d’aplomb. Si ton vol arrive tôt, une parenthèse aux bains urbains te remettra d’équerre. En fin d’après-midi, route vers Skógar pour dormir près des cascades. Campings: Reykjavik Campsite (Laugardalur) pour la première nuit si fatigue, sinon Skógar Campsite, simple et pratique.
Jour 2 – Cascades du Sud: Skógar, Kvernufoss, Dyrhólaey, Vík
Lève-toi avant les bus. Face à Skógafoss, l’arc-en-ciel se tend souvent vers la rivière. Grimpe l’escalier, pousse jusqu’aux petits rapides en amont si les jambes sont en forme. À deux pas, Kvernufoss dort dans son canyon, discrète et photogénique. Poursuis vers Dyrhólaey, ses falaises et ses oiseaux marins, puis marche prudemment sur la plage noire de Reynisfjara où les vagues sournoises ne préviennent jamais. Nuit vers Vík ou Kirkjubæjarklaustur.
Jour 3 – Skaftafell: sentiers, moraines et basalte
Cap sur le parc national. Boucle vers Svartifoss et Sjónarnípa si tu aimes les points de vue aériens, ou rando douce au front de glacier. Les guides locaux proposent des marches sécurisées sur la glace, mémorables quand la météo s’aligne. Camp à Skaftafell, terrain abrité, douches correctes, départ des sentiers à portée de semelles.
Jour 4 – Lagon de glace et montagnes acérées: Jökulsárlón, Diamond Beach, Stokksnes
Le matin, la lumière caresse les icebergs de Jökulsárlón. Les phoques lèvent parfois la tête entre deux blocs bleutés. De l’autre côté de la route, la Diamond Beach étale ses diamants de glace sur le sable noir. File ensuite vers Stokksnes, ses herbes rases, son sable humide et l’ombre du Vestrahorn. Si le vent se calme, le miroir au pied de la montagne devient une fenêtre sur un autre monde. Nuit vers Höfn ou au camping de Vestrahorn.
Jour 5 – Retour par les gorges et la lave moussu
Halte au canyon de Múlagljúfur si le chemin est praticable: balcon suspendu, cascades lointaines, silence. Les champs de lave d’Eldhraun aplatissent l’horizon, couverts d’un duvet vert. Si tu as sauté des chutes à l’aller, récupère Seljalandsfoss et Gljúfrabúi en fin de journée. Campement vers Hella, Hvolsvöllur ou Flúðir, selon l’avancée.
Jour 6 – Cercle d’Or: histoire, eau brûlante et respiration
Matinée dans le parc de Þingvellir, faille, landes, histoire des assemblées. Si tu veux te mouiller, l’eau cristalline de Silfra est une expérience hors norme. Geysir pulse par à-coups, Gullfoss gronde. Termine l’après-midi dans une source locale, loin des foules si possible. Tu trouveras des piscines municipales propres et bon marché, parfaites pour se délasser après la route du Cercle d’Or.
Jour 7 – Dernières heures à Reykjavik et vol retour
Retour en ville. Un café, une pâtisserie à la cannelle, un musée si le ciel se ferme. Le Perlan pour la vue, le marché de Kolaportið pour chiner, une balade jusqu’au Sun Voyager. Rends le véhicule avec du temps, fais un dernier salut à l’Atlantique. L’île aime les adieux sobres.
Bains chauds et activités: où réserver, où improviser
Il y a mille façons de se tremper ici. Les piscines publiques sont une bénédiction quotidienne, souvent entre 8 et 12 € l’entrée. Les spas privés réclament un billet plus épais, mais l’expérience se grave. Réserve à l’avance en été pour éviter les files. J’ai un faible pour les bassins au bord de l’océan et pour les saunas où l’on refait la route avec les voisins. Les bains chauds sont une seconde maison quand le vent décide de se mêler de ton itinéraire.
Budget d’une semaine: chiffres honnêtes et pistes d’économies
Les prix bougent avec les saisons et la demande. Voici un ordre de grandeur pour 2 personnes, hors vols, sur 7 jours, en cuisinant la plupart des repas.
| Poste | Essentiel (2 pers.) | Confort (2 pers.) |
|---|---|---|
| Location van ou voiture + tente | 700–1 000 € | 1 050–1 400 € |
| Carburant (1 000–1 400 km) | 220–320 € | 280–360 € |
| Campings (7 nuits) | 200–260 € | 250–320 € |
| Nourriture (courses + 1–2 restos) | 180–260 € | 280–380 € |
| Activités (bains, bateau, Silfra) | 80–200 € | 200–500 € |
| Parkings et divers | 20–50 € | 40–80 € |
| budget total estimé | 1 400–2 090 € | 2 100–3 040 € |
Envie d’affiner poste par poste avec des exemples concrets et des écarts saisonniers? Jette un œil à ce budget réaliste pour une semaine en Islande. Pour économiser: cuisiner, choisir les piscines municipales plutôt que les spas premium, limiter les navettes payantes et regrouper les visites pour éviter les allers-retours coûteux en carburant.
Matériel, routes et sécurité: mes notes griffonnées au fond du carnet
- Vent: si la portière tire, garde-la fermement; gare-toi face au vent quand c’est possible.
- Routes: pas de F-roads avec un 2WD; prends le temps de vérifier les conditions du jour avant de partir.
- Carburant: demi-plein minimum en zones isolées; stations parfois espacées.
- Mer: à Reynisfjara, les “sneaker waves” arrivent sans prévenir; reste loin de l’eau.
- Animaux: ralentis à l’approche des moutons, ils changent d’avis au dernier moment.
- Drones: interdits dans certains parcs; respecte les panneaux, la faune, et les autres voyageurs.
- Vêtements: couches respirantes, pantalon imperméable, bonnet, gants, chaussures étanches.
- Nourriture: une réserve simple (soupe, pâtes, pain noir, fromage) pour les journées avalées par la route.
- Assurance: vérifie bris de glace, graviers et sable; le Sud peut sabler fort.
- Respect: laisse les mousses tranquilles, reste sur les sentiers, referme les barrières des pâtures.
Campements conseillés sur la route du Sud
Quelques terrains où je reviens volontiers: Reykjavik Laugardalur (proche bus et commerces), Skógar (pratique pour l’aube), Skaftafell (au pied des sentiers), Höfn/Vestrahorn (cadre dramatique), Vík ou Kirkjubæjarklaustur (selon météo), Flúðir ou Laugarvatn (pour alterner route et sources), puis retour sur Reykjavik. À l’accueil, un sourire, un plan, parfois un abri-cuisine qui sauve un dîner battu par la pluie.
Derniers mots d’un vieux baroudeur
Je me méfie des itinéraires qui promettent tout en 7 jours. L’Islande se goûte lentement, par strates. Suis ce tracé, laisse-toi la marge de t’arrêter quand une lumière inattendue t’appelle, et quand la brume recouvre la plaine, va te réchauffer dans un bassin et raconte ta journée au voisin. Tu verras, la route fera sa part. Et si un soir, au détour d’une piste, une traînée verte s’allume, n’oublie pas de lever la tête: les aurores boréales aiment les voyageurs patients.